Coaching et concentration

La racine étymologique latine de « concentration » subdivise le mot en deux parties : con – centrer, ou con (provenant de cum) : avec, tous ensemble, tout et centrer : mettre dans son centre ; en d’autres termes, la concentration est l’action de réunir en son centre, et par extension, l’effort fourni par plusieurs personnes pour se rencontrer dans un point commun que l’on nomme centre.

 

Quel serait ce centre pour l’accompagnement coaching ? Où le client ou coaché situe-t-il sa concentration ? Où se situe celle du coach ? Quel est leur espace commun de rencontre ?

La concentration du coaché

La démarche initiale de demande d’accompagnement qu’effectue le coaché témoigne de sa conscientisation d’un besoin de recherche par rapport à lui-même, un besoin de se concentrer, de se (re)trouver. Le coaché se donne ainsi la permission de se développer pour se mettre davantage en phase avec sa quintessence, comme pour retrouver l’axe autour duquel les objectifs poursuivis porteront tout leur sens.

 

Se concentrer pour le coaché consiste ainsi à rechercher ses sources de motivation, ce qui le pousse à une action positive comme un élan stimulant car elle lui procurera plaisir et satisfaction par l’intérêt qu’il en portera.

 

Sa concentration lui permet également de discerner entre l’essentiel, l’important et l’accessoire, créant ainsi des sphères de priorités autour desquelles il pourra effectuer ses choix en autonomie et avec une vision éclairée de sa liberté. Le coaché se concentre sur ses objectifs dont il reste le seul responsable des résultats.

 

En s’engageant dans un processus de coaching, le coaché souhaite se reconnecter avec son potentiel et ses rêves, avec ce qu’il croit pouvoir être en mesure de réaliser ou les compétences qu’il aimerait développer ou valoriser. Cette concentration témoigne d’un acte volontariste et fondamentalement optimiste, même si la personne n’en a pas toujours conscience lors du premier entretien et fait appel à un coach lorsqu’il/elle se sent dans le creux d’une vague ou tourne en rond après, pense-t-il/elle, avoir déjà exploré toutes les pistes possibles. Mais le possible présente bien des facettes aux multiples recoins...

 

La concentration du coaché s’associe à la volonté, à l’effort, à la tension et à l’attention que lui porte le coach, par sa recherche de qualité de présence inconditionnelle.

La concentration du coach

Concentration et qualité de présence :

 

La qualité d’un coach s’associe naturellement à sa qualité d’attention à l’égard de son coaché. Celle-ci se caractérise par une écoute respectueuse qui, dénuée de tout jugement, permet une présence attentive, libre intérieurement et disposée à recevoir l’autre tel qu’il est, avec confiance. Concentré sur le coaché, le coach agit ainsi en paroles et en silences pour mieux permettre l’émergence de son client, l’accompagnement s’effectue dans le temps et agit dans la perspective de donner du sens au temps.

 

Cette posture particulière du coaching requiert la volonté du coach et nécessite de sa part une concentration sur son développement personnel pour s’assurer une hygiène de vie physique, mentale, psychique, voire spirituelle. Cette qualité de concentration essentielle se développe également dans le temps, jouant aussi sur ses facultés de patience face à l’impatience du coaché.

 

Concentration et processus :

 

Le coach se concentre également sur le processus dont il reste maître et veille au respect du cadre de l’accompagnement qu’il détermine (contingences matérielles, horaires, contrat). Le contenu ne lui appartient pas mais il l’accueille avec bienveillance.

 

Concentration et vigilance :

 

Le coach doit rester vigilant quant aux attentes implicites de son coaché à son égard et ne pas accepter, par exemple, une relation de triangle dramatique où il apparaîtrait tour à tour comme le sauveur ou le persécuteur de son client victime reproduisant ainsi une relation dans laquelle le client s’est lui-même empêtré dans son quotidien. Le coaché souhaite sortir de ce cercle vicieux mais n’y parvient pas seul ou cherche une reconnaissance qu’il ne parvient à trouver sans l’aide du coach. Le coach se concentre ainsi pour éviter les transferts mais aussi les contre-transferts.

 

Si les situations que relate le coaché font écho chez le coach (sous la forme d’une émotion perturbatrice, par exemple) et lui évoquent le souvenir d’une situation ou d’une relation qui lui reste problématique, cela risque de parasiter la relation d’accompagnement. Si tel devait être le cas, il est essentiel au coach d’en parler avec son superviseur car la qualité de son accompagnement, son intégrité et sa légitimité de coach en dépendent. Le coach peut également évoquer l’émotion particulière que lui suscite le récit du coaché en métacommuniquant avec son client pour autant que la relation de confiance entre le coach et son coaché soit suffisamment bien établie, et cela reste du cas par cas (cela peut être aussi en fonction du contrat) et dépend également de l’habileté du coach.

 

L’alliance constitue le point de rencontre entre le coach et le coaché, la concentration commune où la confiance et le respect scellent l’engagement mutuel et où la sincérité des partages du coaché et la présence attentive du coach signent l’authenticité de l’accompagnement.

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